LE MONDE DISTINGUE L’ORGANE !

LE MONDE DISTINGUE L’ORGANE !
Aujourd’hui, Le Monde1 liquide son magazine Le Monde2, qui était un gag, pour le remplacer par « Le Monde Magazine ».
Didier Pourquery, son rédacteur en chef, déclare la guerre dans le quotidien du 18/09/09 : « Un magazine du week-end doit être plein d’idées et d’énergie, quelque chose qui donne la pêche à son lecteur. »
La pêche, un slogan que même la radio Europe1 a banni de son vocabulaire depuis 20 ans. La pêche, une idée de cette pauvre vieille truffe ridée de Séguéla… On reste dans le gag, visiblement.

Sous le titre « L’affaire Hortefeux met Internet sur le banc des accusés », le journal envoie du bois : « Il ne s’agit pas de nier les dérives. Les sites racistes et antisémites sont une réalité, de même que les ragots, les rumeurs et les fausses informations. Mais la diabolisation d’Internet est le symptôme d’un sentiment plus profond : la peur primale d’un média qui contourne les hiérarchies et révèle au grand jour ce qu’on voudrait taire. »

Le Monde a raison d’insister sur les dérives « racistes et antisémites » du net, bourré de « ragots, rumeurs et fausses informations ». Le journal est en effet antiraciste, sioniste, et bourré d’infos de première bourre. La preuve.

Le 10 septembre, nos amis canadiens organisent leur festival de cinéma à Toronto. Le 4 septembre, le réalisateur Ken Loach, qui est tout sauf une tanche, Jane Fonda et leurs amis protestent contre la mainmise israélienne sur la cérémonie.
Une toute petite dépêche du Monde en atteste : « Une cinquantaine d’intellectuels et de cinéastes, dont le Britannique Ken Loach et l’Américaine Jane Fonda, accusent de complicité avec " la machine de propagande israélienne " le Festival international des films de Toronto (TIFF), en raison de la mise à l’honneur de Tel-Aviv. Leur lettre ouverte a été publiée jeudi 4 septembre, à six jours du début du festival. »

LE MONDE PRATIQUERAIT LE RECEL D’INFORMATION ?

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Le 6 septembre, Le Monde publie la courte dépêche, page 19, au cœur des pages "Culture", parmi les moins lues. En tout cas surtout pas dans les pages « Débats ». Aucun développement, pas même une traduction de la lettre en question, ce qui aurait été de la simple information. Problème de traduction? D’effectifs?

On n’en saura donc pas plus. Alors que sur le net, bouillon de ragots et de rumeurs, le débat fait rage. En revanche, le 12/09/09, enfin un papier sur Toronto, sous le titre « Etape majeure du cinéma mondial, le Festival de Toronto résiste à la crise ». Bon, on se dit que ça va saigner, avec des pro et des anti. En fait de débat, il est surtout question du financement de ce festival, à base de mécénat. L’envoyé spécial confirme : « Il suffisait d’écouter l’énumération du nom des sponsors lors de la cérémonie d’ouverture du 34e Festival international du film de Toronto, jeudi 10 septembre, pour comprendre que l’économie du TIFF n’a que peu de choses à voir avec celle d’un festival européen. »

OK, on a compris, on n’est pas à Cannes. Du coup, y a pas mal de projections publicitaires, avant les projos proprement dites. 300 projos avec 3000 professionnels et 1000 journalistes (malgré la défection des Majors), tout de même, ce qui en fait le premier festival de cinoche nord-américain. Donc gros écho commercial et médiatique. Enfin, dans l’avant-dernier paragraphe, le journaliste Thomas Sotinel revient sur la polémique. On vous balance le pâté en entier :

« Le festival se retrouve aussi en première ligne dans le conflit israélo-palestinien. Cameron Bailey, le nouveau codirecteur du festival, a créé une section baptisée " City To City ", destinée à mettre en valeur une ville qui a inspiré des cinéastes. Le choix de la première destination, Tel-Aviv, a suscité une pétition dans laquelle les signataires, des cinéastes canadiens, protestaient contre une programmation qui " ignore le sort des anciens résidents de Tel-Aviv qui vivent maintenant dans des camps de réfugiés " et appellent à boycotter cette programmation tout en précisant qu’ils ne " suggèrent en aucune manière que les cinéastes israéliens ne soient pas accueillis au TIFF ". Le texte a suscité une protestation du Centre Simon-Wiesenthal et Cameron Bailey a tenté d’apaiser les esprits. »

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Le Centre Simon-Wiesenthal, c’est du lourd. Quand t’as ça sur le dos, tu marches en diagonale.

Bon, on sent déjà – on a l’habitude, à L’Organe, de l’hitlérisation et de l’hystérisation de chaque débat intéressant – que ça va glisser direct dans la Shoah, avec discours de la croulante Lanzmann, diffusion d’un doc sur France2 avec l’intellectuel majeur Kassovitz au commentaire, plus la page de BHL dans Le Point, sans oublier le spécial « Shoah à Toronto » du Monde des Livres, de la délicieuse Savigneau, ainsi que de la leçon de morale d’Aphatie, très vigilant sur l’antisémitisme pour ses Maîtres, la nuit Arte sur le nazisme et le « recul » de ce bon vieux Schneidermann, un peu moins con et sioniste que tout le bazar coreligionnaire.

Bon, le circus shoatique, les Français ont l’habitude. C’est les mêmes qui dégainent, le même torrent médiatique, le truc usé jusqu’à la corde. Justement, dans Le Monde, toujours à la place d’une page Débats qui aurait pu être savoureuse sur la campagne médiatique mondiale lancée par hasard et par Israël au moment où le rapport de l’ONU l’accuse de « crimes de guerre », voire de « crimes contre l’humanité » (putain là ça va chier) sur l’intervention au Liban, eh bien on a le droit à une espèce de droit de réponse, mais sans avoir entendu « la partie d’en face », d’un certain Ariel Schweitzer, Historien du cinéma et critique, dans l’édition du 16/09/09. Le titre, limite paranoïaque, est éloquent : « Israël, cible de Ken Loach. » Avec comme sous-titre « Engagement à géométrie variable ». Youpi, on va apprendre que Ken Loach était un ancien nazi !

La démonstration de Schweitzer est cinglante : « C’est le droit de Ken Loach d’envoyer son film où bon lui semble. C’est aussi son droit de protester contre l’Etat d’Israël et sa politique d’occupation. Le problème est la méthode choisie. Car si l’on suit la logique de Loach, on est en droit de questionner la décision du cinéaste de boycotter le Festival de Melbourne et non pas, par exemple, le dernier Festival de Cannes où il est venu présenter le même film, Looking for Eric, en compétition. En effet, cinq films israéliens (trois longs et deux courts métrages) furent présentés à Cannes cette année. Tous financés par des fonds publics israéliens et dont la venue au festival a été soutenue par des institutions du même pays."

Ouarg, on appelle ça de la propagande, des films sponsorisés par l’Etat.

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Mais écoutons la suite, on a tout mis parce que c’est éloquent:
"Pourquoi donc Melbourne et pas Cannes ? Peut-être parce que Cannes est un grand festival dont les enjeux médiatiques et économiques sont trop importants, même pour un cinéaste engagé comme Ken Loach, alors que Melbourne est un petit festival où l’on peut faire son numéro de cinéaste militant donneur de leçons.
Mais au-delà des méthodes pratiquées par Ken Loach, on peut aussi s’interroger sur le bien-fondé et l’efficacité de cette attitude. Car qui est finalement visé par ce boycottage ? Des cinéastes israéliens dont une grande majorité fait partie de la gauche israélienne et qui luttent depuis des années pour les droits des Palestiniens et contre la politique d’occupation de leur gouvernement. Des cinéastes d’opposition comme Amos Gitaï, Avi Mograbi, Ari Folman ou Keren Yedaya, pour ne citer que les plus connus, qui véhiculent dans leurs films une image complexe, souvent extrêmement critique de la société israélienne.
Loin de moi l’envie d’idéaliser l’Etat d’Israël, sûrement pas sa politique d’occupation, mais il faut au moins reconnaître que les auteurs israéliens bénéficient d’une grande liberté d’expression et que de nombreux films politiques sont financés par l’argent public israélien. Des mauvaises langues diront que cette politique cultuelle sert d’alibi, visant à donner du pays l’image d’une démocratie éclairée, une posture qui masque sa véritable attitude répressive à l’égard des Palestiniens. Admettons.
Mais je préfère franchement cette politique culturelle à la situation existante dans bien des pays de la région où l’on ne peut point faire des films politiques et sûrement pas avec l’aide de l’Etat. Les cinéastes israéliens, militants de gauche, sont déjà isolés dans leur propre pays. Au lieu de les isoler davantage, au lieu de les boycotter, donnons-leur au contraire la parole pour que leur voix et leur message soient entendus en Israël comme à l’étranger.
»

Vu l’intense promo dont ces cinéastes bénéficient chez nous (euh, enfin, en France), on peut pas dire qu’on les prive de parole…

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OK, bande de nazis, c’est un peu long, mais tout est dit. Attendez, ne partez pas ! Dans l’édition du 12/09/09, Jacques Mandelbaum (bon arrêtez avec vos vannes pourries, les lecteurs) nous torche un fabuleux papier sur « L’étonnante embellie du cinéma israélien ».
Non, vous ne rêvez pas, vous êtes bien dans Le Monde, grand journal super objectif qui perd plein de super lecteurs chaque année. Nous, à L’Organe, on pointe juste du doigt les petits arrangements avec la déontologie. Quoi ? Ce misérable vermisseau de site ignoble qui donne des leçons de déhontologie à ce Monument de la Pensée Démocratique en Mouvement ? Mais vous vous prenez pour qui, les gars ?

Ben pour des lecteurs du Monde depuis longtemps, suffisamment pour se rendre compte du virage carrément sioniste du journal, et c’est un fait, et les lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes.

Tenez, lisez le début du papier de Mandelbaum, histoire de ricaner un peu :
« Un boucher ultraorthodoxe de Jérusalem, marié et père de famille, se prend d’une passion irrépressible pour un jeune et bel étudiant d’une école talmudique. Qui aurait l’idée de faire de cette délicate affaire, possiblement scabreuse et blasphématoire, le sujet d’un film qui se révèle in fine aussi subtil que courageux ? La réponse est sur les écrans français depuis le 2 septembre : Haïm Tabakman, qui signe avec Tu n’aimeras point son premier long métrage. C’est de fait le sixième film israélien, aussi percutant et remarquable que les précédents, qui sort en France depuis le début 2009. Cette fréquence a priori extravagante, s’agissant d’un pays et d’une cinématographie de modestes dimensions, s’ajoute à une exposition et à une densité désormais régulières depuis quelques années. »

Un paragraphe plus loin, Jacques explique: « Quelle est la raison de cette étonnante embellie ? Une volonté de politique culturelle d’abord, qui se donne les moyens structurels de ses ambitions. Depuis 2000, l’accroissement de l’aide publique accordée au cinéma a fait passer la production annuelle de moins de dix à une vingtaine de longs métrages et la part de marché national du quasi-néant à plus de 10 %. »

Mais le clou arrive, qui nous laisse pantois :
« Autre axe important : le développement des coproductions, majoritairement européennes, qui financent désormais un tiers de la production cinématographique locale. Depuis 2001, date à laquelle un accord a été signé entre les deux pays, la France est ainsi devenue le partenaire privilégié du cinéma israélien, avec une trentaine de films soutenus, soit deux fois plus que l’Allemagne pour la même période. Ces films montés avec des producteurs français et avec l’appui de chaînes de télévision comme Arte trouvent logiquement le chemin des salles hexagonales, contribuant ainsi à ce sentiment de réussite qui n’est pas à ce point observable dans d’autres pays. »

Marianne du 19/09/09 ajoute son écot, par la plume magistrale de Maurice Szafran, pour qui le cinéma israélien « rencontre partout un triomphe justifié » :
« Le gauchiste Ken Loach aurait dû accueillir à bras ouverts ces confrères israéliens, aujourd’hui les alliés les plus efficaces de la cause… palestinienne. A la bêtise gauchiste, Ken Loach vient de verser son écot. »

Hé, Maurice, pourquoi t’irais pas bosser au Monde, le journal collabo du moment ?

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