HITLER L’INTERVIEW

HITLER L’INTERVIEW
Nous sommes quelque part, en Amérique du Sud.
Adolf est en tongs, devant sa villa, en terrasse, au cœur de la jungle.
Terre rouge et feuillages verts.
Un agouti passe.
Il fait chaud, mais pas étouffant.
La bonne nous offre un Schluck de Sekt, sorte de champagne allemand.
Ça ressemble à de la clairette de Die, ne pas grimacer en buvant, ce serait malvenu.
De toute façon, on n’est pas là pour picoler.
A côté, sur une table comique, un secrétaire note tout ce qu’on dit.
Il s’appelle « Martin », prononcer « Martine ».
Il est secret, silencieux.
On n’en saura pas plus.
Ah, dernière chose, la bonne n’est pas une bonne, mais sa compagne, elle s’appelle Eva.
Elle est charmante, ça change de Martine Aubry et des grognasses du Pôle Emploi.
On ne regrette pas d’avoir fait 10 000 km.

HITLER L’INTERVIEW
Adolf bonjour.
Bonjour L’Organe.

Première question…

Vous en avez combien ?

Une vingtaine, pourquoi ?
Martin, note, 19 questions.

Pourquoi 19 ?
Martin, 18.

Que pensez-vous de la France de 2011, présidée par Nicolas Sarkozy ?
Rien. Juifs, socialistes, homosexuels. Triple merde.

On a dit de vous que vous seriez homosexuel…
Où est la question ?

Bon, est-ce que vous êtes homosexuel ?

Non. Toutes vos questions sont aussi idiotes ? Martin, 16.

Excusez-nous, unser Führer. Où en est le 3ème, voire le 4ème Reich ?
Il est à venir, la démocratie ploutocratique n’est qu’une parenthèse.

Sans vouloir vous vexer, unser Führer, vous pouvez développer un peu les réponses ?
Si vous développez un peu les questions. Martin, 14.

Si le nazisme avait réussi, que serait le monde aujourd’hui ?
Mais le nazisme a réussi, la graine est plantée, je n’ai aucun doute sur le futur.

La montée de Marine Le Pen va-t-elle dans le sens de l’Histoire ?
Personne n’aura jamais mon courage, mais tous les hommes politiques populaires tendront vers moi. 12, Martin. Celui qui se réclamera de moi connaîtra la vraie grandeur.

HITLER L’INTERVIEW
C’est un peu risqué de se réclamer de vous, après ce que vous avez fait.
Qu’est-ce que j’ai fait ?

Ben les meurtres politiques, les massacres de populations, les guerres d’agression…
Je n’ai tué personne, je n’ai massacré aucune population, et provoqué aucune guerre, sinon défensive, de ma main.

Joue pas sur les mots, Dolfi !
Je ne joue pas sur les mots. Si vous apprenez l’histoire dans les livres écrits par les soi-disant vainqueurs… C’est le lobby juif qui rédige vos questions ?

Ça c’est pas sympa.

Alors… excusez-moi.

Vous… êtes excusé.
J’en suis heureux. Tenez, reprenez un peu de Sekt.
Vous croyez que je n’ai pas vu que vous n’aimiez pas ce vin ?

On n’a pas fait 10 000 bornes pour vous vexer et repartir sans rien, alors on fayote un peu. Mais c’est vrai que c’est un peu moyen, le pinard allemand.
Je bois du vin allemand par nationalisme. Vous avez de la chance que le vin français soit bon. Cet imbécile de Goering se torchait avec du cher, moi je préfère promouvoir la nazionale produktion.

La politique ne vous intéresse plus ?
Je ne vois pas ce que je peux faire de plus. J’ai montré le chemin. J’attends.

Un noir et un juif présidents des Etats-Unis et de la France, ça vous parle ?

Tout était dans Mein Kampf. Je pense à ces millions d’imbéciles qui croient les maîtres-menteurs, et je me réjouis. Visiblement, le peuple n’a pas assez mangé de merde.

Ce qui est chiant, c’est de devenir presque automatiquement hitlérien quand on est lucide sur la politique.

C’est la propagande démocratique qui vous fait chier, comme vous dites, pas la lucidité.

Ouais mais nous on veut pas tuer d’enfants !

Si en France, par exemple, vous vous débarrassez de BHL, Finkielkraut et Drucker, par exemple, ils seront aussitôt remplacés.

Vous voulez dire qu’il faut éliminer même les remplaçants, et leurs remplaçants, c’est-à-dire les enfants ? C’est une logique terrible.
Il n’y a pas deux logiques. Martin, 10.

Franchement, on a beau détester la bande à BHL, on pourra jamais tuer leurs mômes. Quoique, le fils Bedos…

Personne ne vous demande de le faire. Il suffit de donner des ordres. Ou de les stériliser.

On se voit pas couper les couilles à BHL. Arielle ne nous laissera jamais faire.
C’est une interview ou des rêveries sur le mode de Goethe ?

HITLER L’INTERVIEW
On va reposer la question autrement : peut-on changer les choses en douceur ? Sans verser 150 millions de litres de sang ?
Si vous avez 1000 ans devant vous, oui. Moi je n’avais pas envie d’attendre l’an 3000, c’est tout. Martin, 9.

C’est pas pour critiquer mais le coup du sablier, c’est un peu stressant.
Si c’est ça le stress pour vous, alors imaginez quand j’étais en Ukraine pour diriger la conquête de l’URSS.

Ça fait quoi d’être maître du monde ?
C’est plaisant, mais fatiguant. Ça use vite. Très vite. On n’est pas fait pour ça. Moi, je me suis sacrifié.

Le suicide, c’est pas un peu une façon de partir sans payer l’addition ?
L’addition, l’Allemagne l’avait payée pendant 30 ans. Ça ne pouvait pas être pire.

Pour les juifs, si.
Chacun son tour de payer l’addition. Martin, 7.

Heydrich a dit qu’en exterminant les juifs, vous alliez créer une race juive vraiment supérieure pour le coup. Les 2-3% de survivants seraient imbattables.
C’est ce qui se passe. Ils font encore plus chier le monde entier.

Vous avez pas loupé votre coup ? Cette demi-mesure…
Au moins on aura essayé. Le message est passé.

On peut le dire.
On nous a pris au sérieux, et on nous prend toujours très au sérieux. Nous sommes une possibilité, eine Möglichkeit.

Franchement, dans le genre, vous êtes champions du monde pour l’éternité.
Merci, ce compliment me va droit au cœur.

Franchement, y aurait pas eu les massacres, vous auriez été Alexandre Le Grand puissance 10.

Vous croyez qu’Alexandre a fait ses conquêtes en cueillant des marguerites ?

Certes non, mais vous, vous avez laissé une sacrée trace rouge dans l’histoire de l’humanité.
Tout le monde doit mourir, un peu plus tôt, un peu plus tard…

En général, on préfère tous mourir le plus tard possible.

En ayant une vie ridicule ? Honteuse ? Nuisible ?

Ça, c’est pas facile à prouver. Et c’est très relatif, unser Führer.

C’est celui qui s’impose qui décide et qui tranche. Les autres peuvent pleurer, discuter… ils n’ont qu’à se battre.

HITLER L’INTERVIEW
Donc vous donnez raison à ceux qui ont attenté à votre vie.
Sauf qu’ils m’ont loupé. Preuve qu’ils étaient nuls. Même pas capables de tuer un homme désarmé !

Alors que vous, vous avez fait dézinguer 10 millions de Russes armés.
De soviétiques, nuance. Je n’avais et n’ai rien contre les Russes, ce peuple valeureux. Mais les bolcheviques, c’est un danger pour l’humanité presque aussi grand que les juifs. Ils l’emmènent vers le gouffre. C’est la destruction de toutes les valeurs.

Justement, les valeurs nazies, c’était quoi ?
L’honneur, le courage, la fraternité, la

La fraternité germanique, alors, parce que la fraternité avec les autres peuples…
Pourquoi ont-ils défendu les rouges et les juifs ? Pourquoi se sont-ils mis sur mon chemin ? Je n’ai pas touché à un cheveu de ceux qui ont compris mon combat.

Y a eu un peu de nettoyage, chez les nazis historiques, comme Staline avec les vieux bolchos…
Ach, des déviants. Des idéalistes. On ne reconstruit pas un pays avec des idéalistes. On en a besoin, au début, pour entraîner les indécis… mais après…

C’est cynique, ça.
Le cynisme est interdit ? Qui interdit le cynisme ? Je veux bien être le Méchant éternel, cela ne me dérange pas, si changer le monde est à ce prix. C’est peu cher payé.

Si on vous écoute, bientôt, vous allez être le bouc émissaire mondial…
Rassurez-vous, je ne risque pas de figurer dans la Bible.

Et dans le Coran ?
C’est intéressant, le Coran. Enfin, l’efficacité de ce texte sur les simples. Il y a là quelque chose d’unique, de presque divin.

Mein Kampf aussi a fait lever les foules…
Et marcher jusqu’à la mort. Ceux qui en sont revenus ne regrettent pas, ils ont fait partie de l’Histoire, ils ont fait l’Histoire. Ils sont l’Histoire. Pas vous.

Entrer dans l’Histoire, c’est ce qu’on veut tous, au fond ?
Oui. Et si on n’en a pas la force, on confie ce soin à quelqu’un d’autre, à un guide.

Merci Adolf, il nous reste quelques questions, mais on va arrêter là. Nous pensons que votre image aura changé chez pas mal de gens, surtout les lecteurs de rue89.
Ne vous moquez pas d’eux : moi, quand je leur ai proposé d’entrer dans l’Histoire, ils ont aussitôt abandonné leurs habits socialistes ridicules. Je leur ai fait connaître la fierté, alors qu’ils vivaient dans la honte. Une honte apprise, et vous savez par qui ?

Oui mais on tient à garder notre boulot. Bon ben on va essayer de leur refiler cette interview, mais c’est pas gagné.
Merci encore à L’Organe, vous êtes courageux. Enfin, votre combat c’est pas non plus la bataille de Tcherkassy, hein.

14-18, c’était pire que 39-45 ? Adolf ? Unser… ?

Hitler se lève subitement, et part sans un adieu en nous tournant le dos. La question de trop ? Des souvenirs qui l’assaillent ? Tcherkassy ? La responsabilité écrasante d’avoir emporté des millions d’Allemands dans la tourmente ? On ne le saura jamais, et c’est pas Martin qui va nous le dire, cette espèce de Bernardo…

Eva tente de sauver le coup, en nous expliquant que le Führer a ses « heures d’ouverture », que ceci, cela, de toute façon, on a du matos. Un Hitler détendu, en forme, ça fait plaisir. Et ça se sent, non ?

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